À la recherche des ressources d’apprentissage – Journées doctorales de la SFSIC 2017

Lors des journées doctorales de la SFSIC [1] qui ont eu lieu à Lyon du 14 au 16 juin 2017, on pouvait assister à une rencontre assez peu courante ; du moins dans ce genre d’événement scientifique. Loin de l’exercice habituel de présentation académique d’articles et de travaux de recherches que l’on peut voir lors des conférences, séminaires et doctorales.

D’un nom qui résume bien l’objectif de l’exercice—« 3 minutes, 1 thèse »—il s’agissait pour quelques doctorants et jeunes docteurs de présenter les travaux menés dans le cadre de leur thèse en trois minutes (pas plus, pas moins). Un moment qui est venu rompre le remue-méninge, les débats et réflexions des participants en apportant, le temps d’une petite heure, une dose de détente, d’humour et de convivialité.

L’exercice reprenait les principes et règle en vigueur du concours national Ma thèse en 180 secondes, sans toutefois prendre la forme d’un concours. La formule Ma thèse en 180 secondes est inspirée du concept Three minute thesis de l’Université du Queensland (Australie) et vise partager les recherches effectuées par les jeunes chercheurs avec un public plus éloigné du monde scientifique.

Compte tenu du public à qui il s’adresse et du temps imparti, toute la difficulté à laquelle s’attèle le jeune chercheur performeur est de parvenir à expliquer son travail de recherche de la manière la plus accessible possible en un temps très court. Il faut vulgariser ses recherches. C’est, à mon sens, une activité nécessaire et importante pour tout chercheur. Il faut savoir partager, faire connaitre et rendre intelligible ses recherches (et découvertes) au plus grand nombre. Autrement dit, il me semble essentiel d’être capable de porter sa recherche au-delà de cercles restreints et fermés d’experts. Ceci en faisant preuve de pédagogie, en usant d’illustrations graphiques, d’exemples pratiques, de comparaisons et de métaphores.

Pour en revenir à « 3 minutes, 1 thèse », il s’agissait d’une séance d’entrainement pour communiquer ses travaux et se préparer, pourquoi pas, à faire le concours Ma thèse en 180 secondes. Au total, nous étions sept participants : Amal Jaouzi, Chloé Girard, Coralie Pereira Da Silva, Jessy Patrice, Lucie Alexis, Thierry Ballance et moi-même. Nous étions chronométrés et avions le droit à une unique diapositive (sans animations). Comme vous pouvez le voir ci-dessus, la présentation était filmée. Un prix a été décerné à chaque participant pour mettre en valeur un aspect de sa présentation. Pour ma part, j’ai reçu le prix de la communication non verbale 🙂

Texte de ma présentation

Avez-vous déjà cherché une aiguille dans une botte de foin ? Non ? Personne ?

C’est difficile. Et c’est un peu la situation que Bob vit actuellement. Bob, c’est lui, il est face à une chaudière qui refuse de démarrer et il ne sait pas comment la réparer. Mais bon, aujourd’hui on a Internet, on a des MOOCs, des cours en ligne, des vidéos, des jeux vidéo, des applications mobiles, Wikipedia. Bref, il y en a pour tous les goûts. En plus, grâce à sa tablette ou son smartphone, Bob, il peut accéder à ces ressources tout en restant au chevet de sa chaudière. Et c’est pratique ! Cela signifie que Bob, il peut inspecter sa chaudière tout en apprenant son fonctionnement.

Oui, mais… Comment Bob trouve LA bonne ressource qui va l’aider ? Eh bien, il y a deux possibilités.

La première, c’est d’aller voir un généraliste. Google, par exemple. « Dis-moi Google, comment fonctionne ma chaudière ? » Google répond : « Hmm ouais hmm 500 000 résultats hmm choisis ! ».

Ah. C’est beaucoup. Et comme c’est un généraliste, ces résultats ils sont pertinents. Ils sont aussi farfelus. Ils sont aussi hors sujet. Et puis, Bob il aimerait bien qu’on tienne compte de sa situation personnelle. Qu’on prenne en compte le fait qu’il ait zéro compétence en matière de réparation de chaudière. En fait, ce qu’il faudrait c’est un spécialiste. Le Bruce Lee des ressources d’apprentissage, quelqu’un qui maitrise le sujet ! Ça, c’est la deuxième solution.

L’ennui, c’est qu’il y a beaucoup d’experts : Coursera, FUN, EdX, OERCommons. On ne peut pas tous les consulter. Et puis, chaque expert a une vision différente de ce qu’est une ressource d’apprentissage, chacun a sa propre vision des choses. Du coup, dans ces conditions c’est difficile de comparer ce qu’ils proposent.

L’idée, ce serait d’avoir un moteur de recherche comme Google, mais qui ne consulte que des spécialistes. Et que ces spécialistes se mettent d’accord sur un langage commun pour décrire ce qu’ils entendent par ressource d’apprentissage. Et c’est justement l’objectif de ma thèse.

L’idée, c’est d’abord de comprendre : comment Bob il va utiliser sa tablette pour trouver des ressources, quels critères il va utiliser pour évaluer la pertinence d’une ressource. Ensuite, quel langage on peut mettre en place pour décrire ces ressources, tout en prenant en compte les critères de sélection de Bob. Et enfin, le dernier point, c’est d’imaginer des outils pour guider Bob vers les ressources les plus pertinentes.

Finalement mon objectif, c’est de favoriser l’accès aux ressources d’apprentissage qui soient les plus pertinentes pour Bob. C’est faire en sorte que vous ne passiez pas des heures, comme Bob et moi, à chercher comment réparer votre chaudière. Merci.

Note

[1] Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication. Les journées ont été organisées en partenariat avec le laboratoire ELICO et ont eu lieu à l’ENSSIB à Lyon, du 14 au 16 juin 2017.